Le Paysage n’oublie rien.

Il porte, dans le grain du bois et l’usure de la pierre,

La mémoire silencieuse de tout ce qui l’a traversé.

Se fendre n’est pas se briser – c’est laisser entrer le temps.

Se couvrir de mousse, s’effondrer, offrir sa matière à d’autres vies,

Voilà la seule fidélité que la nature connaisse, celle du renouvellement.

Rien n’est immobile.

Une trace n’est jamais une fin, mais un passage inscrit dans la durée.

Le signe qu’ici, quelque chose a vécu,

Que sa disparition même nourrit ce qui vient après.

Mémoire

Écriture fragile, fossile d’un instant, toile vivante qui défie l’oubli.

Brèche vivante

Refuge endormi

Stèle écorcée

Étreinte de lierre

Croisée d’algues

Reflets épars

Là où le bois mort et l’eau calme veillent sur le vivant.

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