○
道
dào · la voie
J’envisage le paysage comme un espace de présence et non un sujet à décrire. À travers l’objectif, je cherche l’instant où les formes apparaissent puis se retirent — Le regard disponible, non pas au réel mais au mouvement, à la brume, au brouillard jusqu’à l’obscurité.
Ma posture est celle du retrait, je laisse place à l’expérience sensible. Le paysage cesse d’être un objet observé, il devient mon lieu d’expérience où l’indéfini prime sur le directement visible.
Cette proximité sensible, en lien avec mon attrait pour la peinture à l’encre et la culture orientale, m’invite à regarder différemment. Je veille à ce qui reste en suspens.
Ce que le boitier capture, la brume le reprend. Ce que l’œil saisit le temps le traverse.
J’aborde l’apparence tel un passage où toute image est un adieu provisoire. Je rejoins la certitude silencieuse que Zhuangzi effleure : la forme n’est pas une limite, elle est mouvement lent en train de devenir autre chose.
La notion de ma, cet intervalle actif entre les choses, accompagne et guide mon geste.
Entre visible et invisible,
entre présence et retrait,
les photographies ne cherchent pas à affirmer un paysage.
Elles invitent simplement à habiter un regard.
